Virkkunen : Les règles numériques de l'UE sont équitables, car elles s'appliquent à tout le monde

L'UE poursuit l'élaboration de sa législation numérique malgré l'opposition des États-Unis
À l'heure où la désinformation et l'ingérence dans les démocraties ont proliféré à l'échelle mondiale, les règlements sur les services numériques (DSA) et les marchés numériques (DMA) de l'UE sont conçus pour protéger la liberté d'expression en ligne et non pour la limiter, a insisté la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la technologie et de la démocratie, face aux critiques des États-Unis.
« Quand nous regardons notre société ou notre économie dans l'Union européenne, nous voulons nous assurer que notre environnement numérique est sûr, équitable et démocratique », a déclaré Henna Virkkunen.
Récemment, le DSA et le DMA ont fait l'objet de critiques, notamment de la part d'Elon Musk, un éminent conseiller de Donald Trump. Cependant, Henna Virkkunen maintient que les lois sont justes et équitables. « Nos règles sont très équitables, car elles sont les mêmes pour tous ceux qui développent des activités dans l'Union européenne. Nous avons donc les mêmes règles pour les entreprises européennes, américaines et chinoises », a déclaré Henna Virkkunen.
La vice-présidente a également souligné l'importance de la transparence et d'un discours civique ouvert lors de la régulation des contenus. « L'utilisateur doit savoir pourquoi certains contenus lui sont montrés et il doit aussi avoir la possibilité de choisir », a-t-elle ajouté.
Actuellement, dix enquêtes sont en cours à l’encontre de grandes plateformes en ligne. Le département de Henna Virkkunen vérifie en effet si des entreprises comme X, TikTok et Meta respectent les réglementations.
Henna Virkkunen précise que le but n’est pas de viser des individus ni de restreindre la liberté d'expression, mais de veiller à ce que tous les acteurs respectent les règles de l'UE. La plupart de ces plateformes numériques coopèrent avec la Commission européenne en raison de l'importance du marché européen, a-t-elle expliqué, avant d’ajouter : « Nous ne faisons que fixer des obligations pour les plateformes en ligne afin de garantir qu'elles appliquent des pratiques permettant d'atténuer et d'évaluer les risques systématiques. Nous ne réglementons pas du tout le contenu. »
Campagnes de désinformation lors des élections
Les campagnes de désinformation pendant les élections restent un autre point crucial pour Henna Virkkunen. Par exemple, une enquête récente menée en Roumanie a révélé l'utilisation potentielle de bots rémunérés sur TikTok pour soutenir un candidat nationaliste à l'élection présidentielle. Henna Virkkunen a souligné l'importance de préparer les élections en collaboration avec les autorités nationales et les plateformes en ligne. « Nous devons veiller à ce que les plateformes ne soient pas utilisées à mauvais escient ou manipulées et qu'elles restent transparentes pendant les processus électoraux », a-t-elle déclaré.
Malgré la forte opposition du magnat de la technologie Elon Musk, qui s'est exprimé sur les élections roumaines en les qualifiant de « campagne d'intimidation », Henna Virkkunen reste persuadée que l'UE poursuivra la mise en œuvre du DSA et du DMA. « Nous voulons nous assurer que les acteurs majeurs ne dominent pas le marché ou n'abusent pas de leur pouvoir de marché », a-t-elle déclaré.
Sécurité intérieure
En ce qui concerne la sécurité intérieure, Henna Virkkunen a reconnu qu'il existe de nombreuses menaces potentielles auxquelles il faut se préparer. « Nous devons être prêts à faire face à de très nombreux types de menaces. C'est pourquoi nous devons coopérer tous ensemble », a-t-elle conclu.
La Commission européenne vient de présenter une nouvelle stratégie appelée ProtectEU qui vise à améliorer la résilience de l'UE face aux menaces hybrides en protégeant les infrastructures critiques, en renforçant la cybersécurité et en luttant contre les menaces en ligne.
Today