Israël étend son offensive terrestre à Gaza et coupe Rafah de Khan Younès

L’armée israélienne a intensifié son offensive terrestre vendredi, élargissant ses opérations au nord de la bande de Gaza, tandis que les frappes aériennes se poursuivent dans le sud, notamment à Khan Younis et Rafah.
Israël a ordonné de nouvelles expulsions forcées dans le sud, notamment à Rafah, une ville densément peuplée abritant des centaines de milliers de déplacés. Tel Aviv a annoncé son intention de séparer Rafah du reste de la bande de Gaza, une mesure qui suscite l’inquiétude de la population locale.
"Personne ne s'attendait à ce que Rafah soit séparée de la bande de Gaza... pourquoi s'en prendre aux civils ils n'ont rien fait qui justifie leur expulsion ?", déplore Mahmoud Harb, déplacé de Rafah.
Dans la nuit de jeudi à vendredi, une frappe israélienne a détruit un bâtiment de trois étages à Khan Younis, tuant au moins 17 personnes, dont plusieurs membres d'une même famille. Des dizaines d'autres corps ont été extraits des décombres dans les heures suivantes. Le personnel hospitalier local signale au moins 16 blessés graves.
"Nous ne savons pas comment les enterrer. Ils ont été brûlés et démembrés", témoigne Ismail Al-Aqqad, dont le frère et la famille ont péri dans la frappe.
Une pression accrue sur le Hamas
Israël affirme vouloir accroître la pression sur le Hamas pour obtenir la libération des 59 otages encore détenus, dont 24 seraient en vie. En parallèle, Israël continue de frapper Gaza et impose un blocus strict sur la nourriture, le carburant et l’aide humanitaire. L’ONU estime à 280 000 le nombre de Palestiniens déplacés depuis la fin de la dernière trêve.
Des ONG dénoncent ces mesures comme étant des violations du droit international et des crimes de guerre, compte tenu des conditions humanitaires désastreuses dans l’enclave.
Une guerre sans fin
Depuis le début du conflit le 7 octobre 2023, après une attaque du Hamas ayant causé la mort de 1 200 Israéliens et la prise de 251 otages, l’offensive israélienne a transformé Gaza en un champ de ruines. L’armée affirme avoir tué 20 000 combattants du Hamas, mais sans fournir de preuves, tandis que plus de la moitié des victimes palestiniennes seraient des femmes et des enfants, selon le ministère de la Santé de Gaza.
Le conflit a déplacé près de 90 % de la population de Gaza et continue de s’intensifier, avec plus de 300 frappes aériennes enregistrées en seulement dix jours fin mars, selon l’ACLED (Armed Conflict Location & Event Data Project).
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