Les candidats à la chancellerie allemande réagissent aux résultats des législatives
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Quatre candidats principaux étaient en lice pour le poste de chancelier allemand après l'effondrement de la dernière coalition, qui a déclenché des élections anticipées.
Olaf Scholz, du parti social-démocrate (SPD), luttait pour sa réélection face à une forte opposition : Friedrich Merz, de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), Alice Weidel, du parti d'extrême droite Alternative pour l'Allemagne (AfD), et Robert Habeck, des Verts.
La CDU, en alliance avec son parti frère bavarois, l'Union chrétienne-sociale (CSU), est arrivée en tête dimanche en remportant 28,6 % des suffrages, selon les chiffres officiels.
L'AfD arrive en deuxième position avec 20, 8 %, doublant ainsi son résultat des dernières élections législatives de 2021
Les grands perdants du scrutin sont les sociaux-démocrates du chancelier sortant Olaf Scholz. La SPD n'a en effet obtenu que 16 % des suffrages, son résultat le plus faible depuis la Seconde Guerre mondiale.
Le parti écologique Grüne, membre de la dernière coalition, arrive en quatrième position avec 11,6 % des voix, suivi du parti de gauche radicale Die Linke, qui a obtenu 8,8 % des suffrages.
Ces résultats, sans majorité absolue, signifient que l'Allemagne se dirige à nouveau vers un gouvernement de coalition.
Des dizaines de millions d'Allemands se sont rendus aux urnes dimanche, avec un taux de participation supérieur à 80 % des quelque 60 millions d'électeurs éligibles.
Voici comment les candidats ont réagi aux premiers résultats.
Olaf Scholz - SPD
Olaf Scholz, qui a dirigé le dernier gouvernement de coalition avant qu'il ne s'effondre, a rencontré ses partisans dans la capitale allemande, Berlin.
Le chancelier allemand sortant a déclaré qu'il assumait l'entière responsabilité de la défaite de son parti.
"C'est un résultat électoral amer pour le parti social-démocrate. C'est aussi une défaite électorale. Je pense qu'il faut le dire clairement d'emblée au vu du résultat. Il est également très important pour moi de dire que ce résultat signifie que nous devons aller de l'avant ensemble", affirme Olaf Scholz.
Le chancelier sortant a également commenté les gains significatifs de l'extrême droite dans le pays, exprimant son inquiétude quant aux conséquences pour l'avenir du pays.
"Nous ne devons jamais accepter qu'un parti d'extrême droite comme l'AfD obtienne de tels résultats électoraux dans ce pays. Je ne l'accepte pas et ne l'accepterai jamais", déclare-t-il.
Friedrich Merz - CDU/CSU
Friedrich Merz, le chef de file de la CDU, s'est engagé à être à la hauteur de la confiance des électeurs.
"Je suis conscient de la responsabilité qui m'incombe. Je suis également conscient de l'ampleur de la tâche qui nous attend. Je l'aborde avec le plus grand respect et je sais que ce ne sera pas facile".
Il ajoute vouloir former une coalition avant le 20 avril pour "changer" le cap politique de l'Allemagne le plus vite possible.
"Nous devons redevenir capables d'agir rapidement pour faire ce qu'il faut au niveau national, pour être à nouveau présents en Europe et pour que le monde le voie : l'Allemagne est à nouveau gouvernée de manière fiable", affirme Friedrich Merz.
Alice Weidel - AfD
Alice Weidel, cheffe de file de l'AfD, s'est également félicitée du résultat historique de son parti d'extrême droite.
"Nous avons doublé nos voix [par rapport aux dernières élections de 2021]. Ils voulaient les réduire de moitié, c'est le contraire qui s'est produit", a-t-elle déclaré.
La candidate de l'AfD à la chancellerie a également réitéré sa volonté de participer au gouvernement malgré le "cordon sanitaire" contre les partis extrémistes.
"Notre main restera toujours tendue pour participer au gouvernement, pour mettre en œuvre la volonté du peuple, la volonté de l'Allemagne. Nous sommes prêts à participer au gouvernement", affirme-t-elle.
Friedrich Merz a cependant exclu à plusieurs reprises toute coalition avec l'extrême droite durant la campagne électorale.
Robert Habeck - Grüne (Les Verts)
Les Verts n'ont pas obtenu les résultats qu'ils espéraient lors des élections fédérales de dimanche, n'empochant que 11,6 % des voix.
S'adressant à ses partisans, le candidat principal du parti, Robert Habeck, a reconnu la médiocrité des résultats et a félicité Friedrich Merz pour sa victoire, tout en exprimant ses inquiétudes sur plusieurs sujets.
"Le résultat des élections donne matière à réflexion. Car la montée du populisme de droite, le manque de solidarité de nombreux partis avec l'Ukraine, qui se bat pour sa liberté, la relation non résolue de nombreux partis avec une véritable unité européenne, cela m'inquiète, cela nous inquiète beaucoup".
Robert Habeck a également réaffirmé la volonté de son parti de rejoindre une coalition, d'assumer des responsabilités et de contribuer au pays, une décision qui incombe désormais à Friedrich Merz.
Friedrich Merz entamera des discussions avec d'autres partis dans les jours à venir afin de former une nouvelle coalition et un nouveau gouvernement.
Une alliance à deux partis est en principe possible : la CDU/CSU de Friedrich Merz et le SPD d'Olaf Scholz pourraient constituer un gouvernement à peine majoritaire.
Une situation rendue possible par le résultat de l'Alliance Sahra Wagenknecht (BSW), qui a obtenu 4,97 % des suffrages et a ainsi échoué à quelque 10 000 voix près à entrer au Bundestag.
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