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Nucléaire : l’Europe relance les sanctions contre l’Iran

World • Aug 28, 2025, 5:46 PM
10 min de lecture
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La France, l'Allemagne et le Royaume-Uni ont entamé jeudi le processus visant à réimposer les sanctions des Nations unies à l'Iran concernant son programme nucléaire, après un conflit de 12 jours avec Israël en juin qui a vu ses sites atomiques bombardés à plusieurs reprises.

Le mécanisme, appelé "snapback" par les diplomates qui l'ont négocié dans l'accord nucléaire de 2015 (JCPOA) avec les puissances mondiales, a été conçu pour être à l'abri d'un veto à l'ONU et est susceptible d'entrer en vigueur.

Il gèlerait à nouveau les avoirs iraniens à l'étranger, mettrait un terme aux contrats d'armement avec Téhéran et pénaliserait tout développement de son programme de missiles balistiques, entre autres mesures, ce qui aurait pour effet de comprimer encore davantage l'économie chancelante du pays.

La décision européenne ouvre un délai de 30 jours avant le retour des sanctions, période qui pourrait être marquée par une intensification de la diplomatie iranienne, dont le refus de coopérer avec les inspecteurs de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) est à l'origine de la crise.

Un drapeau national iranien devant le bâtiment de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne, le 17 décembre 2021.
Un drapeau national iranien devant le bâtiment de l'Agence internationale de l'énergie atomique à Vienne, le 17 décembre 2021. AP Photo

Les ministres des Affaires étrangères britannique, français et allemand ont laissé entendre qu'ils considéraient le retour des sanctions comme un moyen de stimuler les négociations avec Téhéran.

"Cette mesure ne marque pas la fin de la diplomatie : nous sommes déterminés à tirer le meilleur parti de la période de 30 jours qui s'ouvre pour engager le dialogue avec l'Iran", a écrit le ministre français des affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, sur la plateforme de médias sociaux X.

Lors d'un appel téléphonique avec ses homologues européens, le ministre iranien des Affaires étrangères, Abbas Araghchi, a qualifié cette mesure d'"injustifiée, illégale et dépourvue de toute base juridique".

"La République islamique d'Iran répondra de manière appropriée à cette mesure illégale et injustifiée", a-t-il déclaré, sans donner plus de détails.

Les Européens ont prévenu que le retour en force de l'Iran était imminent

Les pays européens ont déclenché le processus de sanctions par le biais d'une lettre adressée au Conseil de sécurité des Nations unies.

La France et le Royaume-Uni ont également demandé que le Conseil, composé de 15 membres, tienne des consultations à huis clos vendredi afin de discuter du non-respect des règles par l'Iran, selon un diplomate qui s'est exprimé sous le couvert de l'anonymat pour discuter d'informations encore confidentielles.

Il y a peu de chances que la diplomatie permette de repousser l'échéance du 18 octobre, date à laquelle le mécanisme d'annulation expire, après quoi tout effort de sanction se heurtera probablement à un veto du Conseil de sécurité.

Le Conseil de sécurité des Nations Unies vote une résolution à New York, le 30 juin 2025.
Le Conseil de sécurité des Nations Unies vote une résolution à New York, le 30 juin 2025. AP Photo

Pour obtenir un tel délai, l'Iran devrait reprendre les négociations directes avec les États-Unis et accorder à l'AIEA un accès complet à ses sites nucléaires.

Le secrétaire d'État américain Marco Rubio a salué la décision des Européens et a déclaré que l'Amérique "reste disponible pour un engagement direct avec l'Iran".

"Le retour en arrière ne contredit pas notre volonté sincère de diplomatie, il ne fait que la renforcer", a déclaré M. Rubio dans un communiqué.

L'Iran semble résigné

L'Iran a d'abord minimisé la menace de nouvelles sanctions et s'est engagé dans une diplomatie peu visible pendant des semaines après l'avertissement de l'Europe, mais il s'est engagé dans une brève poussée diplomatique ces derniers jours, mettant en évidence le chaos qui semble régner dans sa théocratie.

À Téhéran, jeudi, le rial iranien s'est pratiquement effondré, s'échangeant à plus d'un million de rial pour un dollar. Au moment de l'accord de 2015, il s'échangeait à 32 000 dollars pour un dollar, ce qui montre l'effondrement de la monnaie depuis lors.

Des billets de banque iraniens actuels et d'avant la révolution sont exposés par un changeur de monnaie dans une rue du centre-ville de Téhéran, le 28 août 2025.
Des billets de banque iraniens actuels et d'avant la révolution sont exposés par un changeur de monnaie dans une rue du centre-ville de Téhéran, le 28 août 2025. AP Photo

Avant le dernier conflit avec Israël, l'Iran enrichissait de l'uranium jusqu'à une pureté de 60%, à une courte distance technique des niveaux de qualité militaire de 90 %.

Il aurait également constitué un stock contenant suffisamment d'uranium hautement enrichi pour fabriquer plusieurs bombes atomiques, s'il le souhaitait.

L'Iran a longtemps insisté sur le caractère pacifique de son programme, bien que les pays occidentaux et l'AIEA aient estimé que Téhéran avait un programme d'armement nucléaire actif jusqu'en 2003.