En pleine crise avec Alger, le Premier ministre français réunit ses ministres sur l’immigration
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Le Premier ministre français François Bayrou lors des commémorations marquant les 10 ans de l'attaque islamiste contre le journal satirique Charlie Hebdo et le supermarché juif Hypercacher, devant les anciens locaux de l'hebdomadaire, à Paris, mardi 7 janvier 2025.
Le Premier ministre français, François Bayrou, réunit une partie de son gouvernement pour définir les "orientations" de la France en matière d'immigration, mercredi 26 février. La réunion intervient sur fond de tensions croissantes avec Alger.
Vers une remise en cause des accords de 1968 avec l'Algérie ? Pour définir les "orientations" du gouvernement en matière d'immigration, François Bayrou réunit mercredi une partie de son gouvernement sur fond de tensions croissantes avec Alger encore ravivées depuis l'attentat de Mulhouse.
À partir de 14 heures, une dizaine de ministres seront rassemblés autour du Premier ministre pour un Conseil interministériel de contrôle de l'immigration (CICI). Ils discuteront notamment de "la maîtrise des flux migratoires" et des moyens "nationaux, européens et diplomatiques pour renforcer les contrôles", a appris l'AFP auprès de Matignon.
À l'issue de ce premier échange prévu pendant une bonne heure, M. Bayrou prendra la parole, selon la source.
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Les ministres Bruno Retailleau (Intérieur), Jean-Noël Barrot (Affaires étrangères), Catherine Vautrin (Santé et Travail), Astrid Panosyan-Bouvet (Travail), Gérald Darmanin (Justice) et Yannick Neuder (Santé), entre autres, aborderont également la transposition du Pacte européen asile et migration, adopté en mai et censé entrer en vigueur mi-2026, qui prévoit un durcissement du "filtrage" aux frontières et un mécanisme de solidarité entre les 27.
Créé en 2005, le CICI a été réactivé par M. Retailleau "dans le contexte d’une immigration importante" et "pour répondre aux attentes des Français en faveur d'une plus grande maîtrise des flux migratoires".
"Rapport de force" ou diplomatie
Annoncé fin janvier puis reporté, ce rendez-vous se tiendra finalement après l'attaque survenue samedi à Mulhouse (Haut-Rhin), dans laquelle un Algérien de 37 ans, en situation irrégulière et sous le coup d'une Obligation de quitter le territoire français (OQTF), est accusé d'avoir tué à l'arme blanche une personne et d'en avoir blessé sept autres.
"Il avait été présenté quatorze fois aux autorités algériennes. Et quatorze fois les autorités algériennes ont dit non", a dénoncé M. Bayrou mercredi depuis le Salon de l'agriculture, jugeant à nouveau "inacceptable" le refus d'Alger de reprendre son ressortissant.
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Cette nouvelle affaire vient aggraver un peu plus les tensions entre Paris et Alger, qui a refusé à de multiples reprises ces dernières semaines de laisser entrer sur son sol plusieurs de ses ressortissants expulsés de France.
La question algérienne sera au cœur des discussions du CICI, alors que Paris tente de trouver des réponses face à Alger. Plusieurs pistes ont été évoquées ces dernières semaines mais divisent profondément le gouvernement entre les partisans du "rapport de force", à l'instar de Bruno Retailleau, et ceux qui plaident pour la voie diplomatique comme Jean-Noël Barrot.
"Escalades verbales"
M. Barrot a annoncé mardi soir que des "mesures de restriction de circulation et d'accès au territoire national pour certains dignitaires algériens" avaient été prises, sans préciser depuis quand.
Mercredi, il a indiqué sur France 2 qu'il allait proposer que les délivrances de visas soient réduites "par tous les pays européens en même temps" pour les États qui ne reprennent pas leurs ressortissants expulsés.
À l'inverse, il propose que l'UE baisse les droits de douanes pour les pays avec qui la coopération pour la reprise de leurs ressortissants s'améliore. "C'est un levier qui est particulièrement puissant", selon lui.
Le ministre de l'Intérieur, qui plaide pour "priver un certain nombre de personnalités de la nomenklatura, de diplomates" des "facilités" dont ils bénéficient actuellement, souhaite aller plus loin et "remettre en cause de façon plus générale des accords" avec l'Algérie de 1968 - comme les anciens Premiers ministres Edouard Philippe et Gabriel Attal.
En attendant, les arbitrages de l'exécutif, chacun y va de ses propositions. Dernier exemple en date : le président LR de la région Hauts-de-France, Xavier Bertrand, a suggéré sur TF1 d'imposer "des pénalités sur Air Algérie", voire de "restreindre les vols entre Alger et Paris".
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"Il faut qu'on fasse attention", a tempéré sur Public Sénat le ministre des Relations avec le Parlement, Patrick Mignola, rejetant "les escalades verbales" car "l'efficacité doit compter plus que tout" afin de "réinstaurer un travail dans la durée avec l'Algérie".
"Tous nos intérêts sont à l'inverse de cette confrontation", a estimé le député Insoumis Eric Coquerel, pointant la "faute historique" du gouvernement qu'il a accusé "d'agir comme une puissance néo-coloniale".
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