Togo: des salons de coiffure qui font du bien aux femmes pour leur santé mentale
Par TV5MONDE FLORE MONTEAU
Par Maeliss ORBOIN FLORE MONTEAU
Au Togo, des professionnelles de la coiffure se forment pour aider psychologiquement leurs clientes grâce à la Fondation Bluemind. Les salons de coiffure sont un endroit où la parole des femmes se libèrent plus facilement et permet donc un espace d'écoute.
Au Togo, des professionnelles de la coiffure se forment pour aider psychologiquement leurs clientes grâce à la Fondation Bluemind. Les salons de coiffure sont un endroit où la parole des femmes se libèrent plus facilement et permet donc un espace d'écoute.
Des coiffeuses qui tressent, coiffent mais surtout qui écoutent... C'est ce qu'il se passe au Togo et en particulier dans un salon de coiffure où la parole circule plus facilement que dans un cabinet médical.
Grâce à la Fondation Bluemind dont la mission est de déstigmatiser la santé mentale et la rendre accessible au plus grand nombre en Afrique, ces professionnelles de la beauté sont devenues des confidentes, formées à la psychologie de base.
Adamah Adaku est l'une des ambassadrices de la fondation: "Lorsqu'on parle de santé mentale, ce n'est pas une maladie. Il y a des femmes qui ont peur, elles disent souvent qu'elles ne sont pas malades parce que dans notre société on croit que c'est à ce moment-là que nous avons besoin de voir un psychologue." Les salons de coiffure sont souvent les seuls espaces où les femmes parlent librement et partagent leur quotidien.
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Parfois, les confidences sont lourdes. Yawavi Dodji Adjaho, diplomée en octobre, en a fait l'expérience. La formation lui a donné des outils pour ne plus être démunie. "La plupart du temps, ce sont des problèmes de foyer ou de couple", explique-t-elle en se remémorant le cas d'une cliente en difficulté. Amaigrie et désemparée, la cliente a pu trouver du réconfort auprès de sa coiffeuse.
Programme Heal by Hair
C'est une femme, Marie-Alix de Putter qui est derrière ce réseau d'ambassadrices. Victime de stress post traumatique, d'une dépression et d'anxiété chroniques après l'assassinat de son mari au Cameroun, elle a créé le programme Heal by Hair (en français, Guérir par les cheveux). Aujourd'hui, elle reste proche du terrain où chaque visite se transforme en un moment de confidences.
Elle collecte également les données de son programme avec un objectif: "Pouvoir aller voir les autorités des différents pays dans lesquels on se déploie avec des résultats probants, basés sur la recherche, et les convaincre de l'importance de former davantage de coiffeuses", explique Marie-Alix de Putter.
(Re)voir La santé mentale, oser en parler
Déjà active dans trois pays, la Fondation Bluemind veut former 1 000 coiffeuses d'ici 2035 avec l'ambition de toucher cinq millions de femmes africaines confrontées à des violences ou à la détresse psychologique.
Selon des données de la fondation, en Afrique, la santé mentale reste un sujet tabou qui impacte 110 millions de personnes. 60% d'entre elles sont des jeunes femmes de moins de 25 ans. Une étude réalisée dans six pays montre que 73% des jeunes femmes dans cette catégorie sont plus enclines à échanger sur ces sujets avec les professionnelles de soins de beauté, et 61% se confieraient plus facilement encore si lesdites professionnelles étaient formées sur le sujet.
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