"Une pression politique inhabituelle": une parcelle du parc Yosemite sur le point d'être cédée par l'administration Trump?
Par Lorène Bienvenu
L'administration Trump envisage de céder une parcelle du célèbre parc national américain Yosemite à un promoteur immobilier privé. L'accord prévoierait de construire une route reliant un projet de complexe hôtelier et commercial au parc de Yosemite, offrant un accès privilégié à ce parc naturel.
L'administration Trump envisage de céder une parcelle du célèbre parc national américain Yosemite à un promoteur immobilier privé. L'accord prévoierait de construire une route reliant un projet de complexe hôtelier et commercial au parc de Yosemite, offrant un accès privilégié à ce parc naturel.
Le célèbre parc national de Yosemite aux États-Unis bientôt relié à un complexe hôtelier et commercial? L'administration Trump étudie actuellement l'idée poussée par un promoteur immobilier. Le service des parcs nationaux, qui dépend du gouvernement, pourrait céder une parcelle de 34 hectares du parc californien à ce client qui désire construire une route privée entre l'espace naturel et son futur complexe immobilier.
Selon des documents consultés par des médias américains, les détails de l'accord indiquent que le promoteur pourra construire une route reliant un terrain adjacent dont il est déjà propriétaire, situé dans la forêt nationale de Stanislaus, à une voie de desserte au sein du parc de Yosemite. Cette voie permettrait à tout futur projet immobilier situé sur ce terrain d'avoir un accès privé et privilégié au grand parc national, presque entièrement entouré de forêts nationales.
Un projet de raccourci poussé par l'administration Trump
Des responsables de l'administration Trump auraient discrètement fait pression sur le Service des parcs nationaux pour qu'il approuve l'accord, d'après le site d'information politique américain NOTUS. Le média indique que ces responsables tentent de conclure ce marché depuis le printemps 2025 avec le promoteur immobilier et la société d'investissement Kingsbarn Realty Capital.
Cette route est cruciale pour que le complexe immobilier fonctionne. Sans elle, les visiteurs devraient rouler une heure et demie, par un itinéraire détourné, pour rejoindre la célèbre vallée de Yosemite.
Le site d'information révèle que la proposition de Kingsbarn bénéficie du soutien sans réserve des plus hauts responsables politiques du ministère de l'Intérieur. "La pression politique qui s'exerce est tout à fait inhabituelle", a confié une de leurs sources au fait des discussions et de l'histoire du parc.
Une rupture "avec 150 ans de tradition américaine"
Les propositions précédentes concernant ce terrain avaient été rejetées à plusieurs reprises sous les administrations de George Bush et Obama, ainsi que par les tribunaux. Le gouvernement fédéral qui a toujours considéré ces parcs nationaux comme de véritables joyaux du patrimoine "romprait avec 150 ans de tradition américaine sur le lieu même où est né le réseau des parcs nationaux", explique le média américain.
Le ministère de l'Intérieur a reconnu, ce vendredi dans un communiqué adressé au Times, qu'une transaction foncière était à l'étude, mais a nié toute influence inappropriée de la Maison Blanche. Le communiqué précise que les négociations concernant ce terrain respecteraient toutes les règles fédérales applicables aux terres fédérales et qu'"aucune décision définitive n'avait été prise".
Une décision "respectueuse de l’environnement"?
Selon un avocat du promoteur cité par Los Angeles Times, cette transaction n'a rien à voir avec la politique. Il s'agirait, en réalité, d'une solution "respectueuse de l'environnement", car elle réduirait considérablement les trajets en voiture que les résidents du lotissement devraient effectuer pour accéder au parc.
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Le son de cloche diffère du côté de la National Parks Conservation Association (NPCA). "Les tentatives de l'administration Trump visant à démanteler l'héritage américain en matière de protection de la nature s'attaquent désormais au parc de Yosemite, avec cet accord secret conclu en coulisses qui céderait des terres appartenant au Service des parcs nationaux à un promoteur privé", dénonce Mark Rose, responsable de programme senior pour la Sierra Nevada à la NPCA.
"Le Service des parcs nationaux doit à nouveau donner la priorité à la conservation, et non contribuer à raser des terres, à abattre des arbres, à menacer la faune de Yosemite et à accroître les risques d'incendies de forêt", a assuré Mark Rose selon qui le site naturel est déjà confronté à un grand nombre d'enjeux "dus à des années de surdéveloppement".
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