Camp de migrants détruit à Ceuta: le ministre de l'Intérieur accuse "l'extrême droite, et désormais aussi à la droite" d'avoir appelé à "traquer les migrants"
Par Lorène Bienvenu
Le ministre espagnol de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a appelé au calme à Ceuta, ce vendredi 28 août, après plusieurs incidents survenus jeudi dans l'enclave espagnole. Après l'arrivée clandestine de plusieurs dizaines de milliers de migrants, l'extrême droite exige leur retour immédiat.
Le ministre espagnol de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a appelé au calme à Ceuta, ce vendredi 28 août, après plusieurs incidents survenus jeudi dans l'enclave espagnole. Après l'arrivée clandestine de plusieurs dizaines de milliers de migrants, l'extrême droite exige leur retour immédiat.
Des tentes de fortune et des affaires jetées à l'eau, d'autres incendiées, un drapeau aux couleurs de l'espagne flottant au vent... la situation à Ceuta s'enflamme depuis que 72.000 personnes ont traversé la frontière depuis le Maroc, bien que la majorité y soit retournée. Ce jeudi 27 août, des habitants de l'enclave nord-africaine ont détruit un camp de migrants sur la plage.
"J'appelle au calme et à la cessation de toute forme de violence, car (...) la violence n'est pas la solution pour résoudre un problème aussi complexe" que celui auquel est confronté le petit territoire espagnol de 18,5 km2, a déclaré le ministre espagnol de l'Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, ce vendredi au Congrès à Madrid.
"Nul ne peut ni ne doit se faire justice soi-même"
Arrivés les 30 et 31 juillet de manière clandestine, il ne serait plus qu'environ 7.000 encore sur place. De nombreux mineurs ont été accueillis dans des centres d'hébergement. Quelques adultes aussi mais beaucoup restent à la rue et vivent dans des conditions très précaires où l'accès à l'eau et à de la nourriture est très difficile.
Face aux violences anti-migrants, le président du gouvernement local de Ceuta Juan Vivas a déclaré que "nul ne peut ni ne doit se faire justice soi-même". L'homme du Parti populaire de droite a rejeté "avec la plus grande fermeté l'usage de quelque forme de violence que ce soit", tout en estimant "légitimes et pleinement justifiées les manifestations" qui exigent le "retour à la normalité" de l'enclave.
Ces derniers jours, les incidents se sont multipliés lors des manifestations organisés par les habitants de Ceuta qui exigent le départ des migrants. Jeudi, un soldat a été blessé après qu'un véhicule militaire ait été attaqué à coups de pierres par un groupe de migrants. Plusieurs d'entre eux ont été arrêtés.
Les partis de droite et d'extrême droite exigent leur renvoi immédiat
Depuis leur arrivée en Espagne, les partis de droite et d'extrême droite exigent le renvoi immédiat de tous les migrants au Maroc. Le gouvernement a déclaré qu'il devait d'abord les identifier un par un pour déterminer s'ils ont droit à l'asile ou peuvent être renvoyés.
Devant les députés, Fernando Grande-Marlaska a par ailleurs fustigé l'extrême droite et la droite, les accusant de diffuser de fausses informations, "de chercher à tirer profit politiquement de la situation ou, pire encore, d'inciter à la haine et à la confrontation entre personnes dans les rues de Ceuta".
Selon l’agence de presse EFE, le ministre de l'Intérieur a notament reproché à ces partis de diffuser des récits présentant les migrants comme des "envahisseurs" ou des "délinquants", d'appeler à "chasser les migrants", et même de proposer de déporter des personnes hospitalisées.
Le parti d'extrême droite Vox, très virulent, réclame la militarisation de la frontière et la suspension de l'accord entre l'Union européenne et le Maroc. Le parti a aussi déclaré soutenir un rassemblement d’ampleur qui est annoncé pour mercredi prochain dans toute l’Espagne.
"Tout cela est totalement incompatible avec les principes démocratiques et le respect de la dignité humaine, a tenu à rappeler Fernando Grande-Marlaska. Nous parlons de personnes : d'hommes, de femmes, mais aussi d'enfants, d'adolescents et d'adolescentes en détresse, qui doivent être traités avec humanité, respect et toute la protection prévue par la loi."
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