Coup d'État en Guinée-Bissau: "Le film qui se déroule a été écrit à l'avance"
Par TV5MONDE
Par Patrice Férus
Par Maeliss ORBOIN
L'ancien Premier ministre de Guinée-Bissau (2005/2007 et 2018/2020) Aristides Gomes est l'invité du journal Afrique de TV5MONDE. Il est membre du parti d'opposition, le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), qui a été exclu de la dernière élection présidentielle. Selon lui, les événements actuels étaient prévisibles et s'inscrivent dans une continuité de pratiques autoritaires. Il demande la publication des résultats officiels de l'élection présidentielle.
L'ancien Premier ministre de Guinée-Bissau (2005/2007 et 2018/2020) Aristides Gomes est l'invité du journal Afrique de TV5MONDE. Il est membre du parti d'opposition, le PAIGC (Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert), qui a été exclu de la dernière élection présidentielle. Selon lui, les événements actuels étaient prévisibles et s'inscrivent dans une continuité de pratiques autoritaires. Il demande la publication des résultats officiels de l'élection présidentielle.
La Guinée-Bissau traverse une période de turbulences politiques marquée par des accusations de coup d'État et des tensions croissantes. Interrogé sur la situation, Aristide Gomes, ancien Premier ministre (2005/2007 et 2018/2020) et membre du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC), estime que "le film qui se déroule sous nos yeux a été écrit d'avance. On savait déjà que ça allait se passer comme ça".
Premier indicateur selon lui, "les hommes, les acteurs. Ils sont tous des militaires et des civils. Ils ont tous déjà été choisis et promus par le président Embaló pendant ses six années au pouvoir, comme le nouveau Premier ministre et ministre des Finances, Ilidio Vieira Té. Ce ne sont pas des gens qui sont étrangers au régime autoritaire que nous avons connu". Ilidio Vieira Té était déjà ministre des Finances dans le précédent gouvernement.
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Autre signe d'un manque de rupture avec la précédente présidence, "un discours qui n'attaque jamais les années Embaló. Ce sont des indices". Selon lui, les événements actuels étaient prévisibles et s'inscrivent dans une continuité de pratiques autoritaires.
Une manœuvre orchestrée
Pour Aristide Gomes, il ne s'agit pas d'un véritable coup d'État, mais plutôt d'une manœuvre orchestrée par Umaro Sissoco Embaló lui-même pour conserver le pouvoir. L'ancien Premier ministre appuie ses propos en mentionnant une interview de l'ancien président nigérian Goodluck Jonathan, qui a affirmé qu'Umaro Sissoco Embaló avait annoncé le putsch avant même que les putschistes n'interviennent. L'ancien président aurait contacté des chefs d'État et des médias internationaux pour préparer sa sortie du pays, ce qui soulève, selon lui, des questions sur la spontanéité de l'événement.
À Dakar, où l'ancien président a trouvé refuge, son exfiltration par la Cedeao suscite beaucoup de réactions. Le Premier ministre sénégalais, Ousmane Sonko, a critiqué la situation, la qualifiant de "combine injustifiée". Cette critique entre en résonance avec les accusations d'Aristide Gomes, qui dénonce une manipulation des institutions par Umaro Sissoco Embaló pour éliminer ses opposants et contrôler le processus électoral.
"La population se sent très insatisfaite"
Face à cette situation, le PAIGC et ses alliés comptent sur la mobilisation populaire pour faire pression en faveur de la transparence électorale. Aristide Gomes insiste sur l'importance de publier les résultats des élections, qui, selon lui, sont déjà connus et consensuels: "La mission de la Cedeao est de faire publier les résultats. Ils sont là, on ne peut pas les nier."
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Pour la population, la situation semble redevenue à la normale vendredi, notamment au grand marché de Bandin dans la capitale où marchands et acheteurs sont de retour. Les restaurants et magasins ont été rouverts et la circulation a repris. Mais les Bissau-Guinéens attendaient les résultats de l'élection présidentielle. "La vie a repris mais de manière perturbée. Toute la population se sent très insatisfaite de la situation, de ce qui s'est passé, explique Mamadou Salio Baldé, un habitant de Bissau. C'est une situation que nous n'attendions pas. Nous espérions que les choses continueraient normalement."
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