Face à la poussée de Mélenchon, des appels pressants à une primaire de la droite et du centre
Par AFP Par Antonio RODRIGUEZ © 2026 AFP
Face à la possibilité d'un second tour de présidentielle Le Pen-Mélenchon, les appels à une primaire de la droite et du centre se font de plus en plus insistants et tentent de faire monter la pression sur le favori Édouard Philippe, qui refuse une compétition dont le périmètre demeure flou.
- Qui sont les partisans d'une primaire ?
À droite, le patron des députés Les Républicains (LR) Laurent Wauquiez milite pour une primaire ouverte.
Lors de sa traditionnelle ascension du Mont-Mézenc dimanche, il a réitéré que cette solution était "la moins mauvaise", alertant sur le danger d'une dispersion des candidatures qui évincerait la droite du second tour au profit de Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon.
Proche du maire de Cannes, le centriste Hervé Morin a lancé la semaine dernière une pétition, signée initialement par plus de 200 élus locaux, pour appeler à une primaire qui départagerait les différents candidats de la droite et du centre.
Le président LR du Sénat Gérard Larcher défend lui aussi l'idée d'une primaire et s'est engagé à prendre ses responsabilités en novembre, après les sénatoriales du 27 septembre.
- Qui sont les candidats ouverts à une primaire ?
Les candidats en retard sur Édouard Philippe dans les sondages ne s'y opposent pas.
C'est le cas de l'ancien Premier ministre Gabriel Attal (Renaissance) qui affirme n'avoir "pas peur" d'une primaire "sinon il ne faut pas se présenter à l'élection présidentielle".
Même son de cloche chez le candidat LR Bruno Retailleau qui affirme lui aussi ne pas "avoir peur d'une élection" et assure qu'il ne s'oppose pas "par principe" à ce genre de sélection.
- Qui la refuse ?
Favori des sondages, Édouard Philippe exclut à ce stade de participer à une telle compétition.
"Une primaire, ça sert à quoi ? À accentuer les différences ? Moi, ce qui m'intéresse, c'est d'accentuer ce qui nous rassemble", a lancé l'ancien Premier ministre, à la foire de Châlons-en-Champagne.
Malgré une campagne souvent jugée timorée, il espère prendre un ascendant incontestable sur ses concurrents dans les sondages. Celui publié dans La Tribune Dimanche où il est crédité de 17% le conforte dans sa stratégie, mais le précédent le plaçait au coude-à-coude avec Jean-Luc Mélenchon.
Face à son refus, Hervé Morin lui a lancé un avertissement sur la "lourde responsabilité" qu'il porterait s'il refusait de se soumettre à cet exercice. Un argument également avancé par Bruno Retailleau tandis que Gabriel Attal assure pour sa part qu'il n'y a "plus de favori" au sein du bloc central.
Dans le camp d’Édouard Philippe, on balaie ces déclarations. "Il n'y a pas match", a assuré la porte-parole du gouvernement Maud Bregeon, convaincue qu'Édouard Philippe est "le seul à pouvoir se qualifier au second tour et gagner l'élection présidentielle".
Autre opposant aux primaires : le président LR des Hauts-de-France Xavier Bertrand, qui a réitéré son intention de se lancer dans la course et se dit "vacciné" après sa défaite il y a cinq ans lors de la compétition interne à LR, dont il avait été éliminé dès le premier tour.
- Quel périmètre pour la primaire ?
Les contours de la primaire restent flous. Laurent Wauquiez avait plaidé pour une primaire allant du macroniste Gérald Darmanin, désormais soutien d’Édouard Philippe, jusqu'à Sarah Knafo, du parti d'extrême droite Reconquête dont le patron Éric Zemmour devrait se lancer dans la course.
Hervé Morin a choisi, pour sa part, de faire signer une charte aux candidats potentiels qui devraient ainsi souscrire à des principes tels que le respect de la construction européenne. Une façon d'en écarter Reconquête.
- Une primaire élargie au PS ?
Certains plaident pour qu'il n'y ait qu'un candidat pour un large espace central allant de LR jusqu'au PS. C'est le cas de l'ex-Premier ministre François Bayrou, qui défend "une compétition loyale" avec un vote par internet fin janvier.
Sans soutenir l'idée d'une primaire, d'autres évoquent aussi un large rassemblement.
L'ex-Premier ministre Bernard Cazeneuve appelle à une "coalition des engagés" composée de "républicains ardents" de gauche, du centre et des "modérés".
Quant à l'ex-président socialiste François Hollande, il se pose en recours pour son camp et enjambe la primaire organisée par son parti. Mais il donne rendez-vous au mois de décembre pour un "moment de vérité" et pose la question d'une "union sacrée des démocrates" allant "au-delà des formations politiques".
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