Togo: le gouvernement affirme disposer "d’indices graves et concordants" à l'encontre de Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani
Par TV5MONDE avec AFP
Le gouvernement togolais affirme ce samedi 22 août, dans sa première déclaration sur le sujet, que la justice dispose "d’indices graves et concordants" à l’encontre des deux réalisateurs français détenus au Togo depuis fin juillet avec leur collaborateur local. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani sont poursuivis pour "fausses déclarations". Les deux réalisateurs démentent.
Le gouvernement togolais affirme ce samedi 22 août, dans sa première déclaration sur le sujet, que la justice dispose "d’indices graves et concordants" à l’encontre des deux réalisateurs français détenus au Togo depuis fin juillet avec leur collaborateur local. Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani sont poursuivis pour "fausses déclarations". Les deux réalisateurs démentent.
Gaël Mocaër et Sebastian Perez Pezzani, partis tourner un épisode de l'émission "Les routes de l'impossible", une série documentaire diffusée sur France Télévisions, ont été arrêtés le 27 juillet avec leur collaborateur local Fred Vedomey.
Les ministères togolais de la Justice et de la Sécurité ont assuré, dans un communiqué conjoint, que l'équipe a utilisé un drone dans des zones "soumises à un régime de sensibilité sécuritaire particulier", notamment la région des Savanes (extrême nord), placée sous état d’urgence depuis 2022 en raison de menaces djihadistes.
Le ministre des Affaires étrangères, Robert Dussey, avait fait une déclaration rare à ce sujet, soulignant l'ampleur de la menace posée par le groupe de soutien à l'islam et aux musulmans, connu sous le nom de JNIM, une filiale d'Al-Qaïda opérant dans la région du Sahel. En 2025, dès le mois d'août, le nombre de victimes d'attaques djihadistes atteignaient déjà le nombre de 54, notamment dans cette région des Savanes.
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Ces ministères ajoutent que les trois hommes se "prévalaient d'une autorisation délivrée par le ministère chargé du Tourisme". Or, "cette autorisation, en date du 19 juin 2026, avait été signée au seul nom de M. Vedomey Komi", précisent-ils. Celle-ci était "strictement limitée à des localités déterminées qui ne couvraient" notamment pas la région des Savanes, ajoute le communiqué.
Le gouvernement évoque également "plusieurs irrégularités dans la préparation et l'exécution" de la mission, sans plus de précisions.
Les trois hommes sont "détenus en lieu sûr, dans des conditions conformes aux normes et standards internationaux", et "bénéficient de l'assistance d'un conseil depuis le stade de l'enquête préliminaire, de l'assistance consulaire française, et ont été autorisés à communiquer avec leurs familles", précise Lomé.
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Contacté ce samedi 22 août par l'AFP, leur avocat togolais, Me Martial Akakpo, a affirmé que ses clients "ne reconnaissent aucun fait".
Les trois hommes "ont agi de manière transparente et multiplié les démarches pour respecter la réglementation togolaise : autorisation de tournage obtenue en amont, caractère professionnel du séjour déclaré et matériel de tournage signalé à la douane", a déclaré ce samedi 22 août dans un communiqué transmis à l’AFP le directeur général de RSF, Thibaut Bruttin. "Rien ne permet d’établir qu’ils auraient sciemment effectué de fausses déclarations", a-t-il ajouté, appelant les autorités togolaises à les "libérer sans délai".
Patrice Lucchini, le directeur général de la société Tony Comiti Productions avec laquelle travaillent les réalisateurs, avait affirmé mercredi que l'équipe était "en règle" et avait "dépassé une zone" qui leur avait été conseillée, par inadvertance.
Reporters sans frontières et la Fédération internationale des journalistes (FIJ) s'étaient inquiétés de l’état de santé de Sebastian Perez Pezzani, qui nécessiterait une prise en charge médicale urgente. RSF a demandé à Lomé "d’autoriser son évacuation sanitaire urgente vers la France".
Selon une porte-parole du ministère des Affaires étrangères joint par le Syndicat National des Journalistes (SNJ) vendredi 22 août, Sébastien Perez Pezzani a été libéré sous condition et a été pris en charge médicalement, accompagné par l'ambassade de France au Togo.
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