Guerre au Moyen-Orient: Donald Trump menace de frapper l'Iran après la reprise des tirs et l'attaque d'un pétrolier
Par TV5MONDE avec agences
Après un mois d’accalmie, les affrontements ont repris entre l’Iran et les États-Unis. Donald Trump a menacé le 31 août Téhéran de nouvelles frappes. De son côté, le président iranien affirme que son pays renouerait "immédiatement" avec ses engagements si les États-Unis revenaient au protocole d'accord conclu en juin pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
Après un mois d’accalmie, les affrontements ont repris entre l’Iran et les États-Unis. Donald Trump a menacé le 31 août Téhéran de nouvelles frappes. De son côté, le président iranien affirme que son pays renouerait "immédiatement" avec ses engagements si les États-Unis revenaient au protocole d'accord conclu en juin pour mettre fin à la guerre au Moyen-Orient.
"Il y aura une réponse" et "nous allons les frapper fort", a averti le président américain Donald Trump, selon des propos retranscrits par la chaîne Fox News. Quelques heures plus tôt, l’armée américaine avait annoncé avoir bombardé "deux lanceurs iraniens (de roquettes)" sur l’île de Larak, dans le détroit d’Ormuz.
Selon le Commandement militaire américain pour le Moyen-Orient (Centcom), les Gardiens de la Révolution se préparaient à lancer des roquettes chargées de mines marines dans ce passage stratégique. Les médias iraniens ont fait état de trois morts et de sept blessés dans ces frappes.
Téhéran a répondu par des tirs de missiles et de drones contre des cibles américaines en Jordanie et aux Émirats arabes unis. Amman affirme avoir intercepté huit missiles entrés dans son espace aérien. Abou Dhabi a de son côté détecté un drone au-dessus de ses eaux territoriales et dénoncé "une escalade dangereuse".
Les forces iraniennes ont également affirmé avoir abattu deux drones américains au-dessus du détroit d’Ormuz. Elles ont mis en garde les pays voisins : toute nouvelle "agression" américaine lancée depuis leur territoire entraînerait une "riposte bien plus forte".
Une porte de sortie aux tensions envisageable ?
"Je déclare explicitement que si les États-Unis reviennent à leurs engagements au titre du protocole d'accord (...), la République islamique d'Iran prendra immédiatement des mesures réciproques", a déclaré Massoud Pezeshkian, président iranien, lors d'un sommet de l'Organisation de coopération de Shanghai au Kirghizstan, selon le site de la présidence iranienne.
Le protocole d'accord visait à mettre durablement fin à la guerre entre Téhéran et Washington, déclenchée fin février par des frappes américaines et israéliennes contre la République islamique. Il a ensuite volé en éclats en juillet, les deux camps s'accusant mutuellement d'en avoir violé les termes.
Les déclarations de Massoud Pezeshkian interviennent alors que le détroit d'Ormuz reste un point de désaccord majeur entre l'Iran et les Etats-Unis, qui ont repris leurs échanges de tirs lundi après un mois de relative accalmie.
Un tanker touché dans le détroit d’Ormuz
La tension s’est aussi propagée au trafic maritime. Un tanker a été touché par trois "projectiles inconnus" alors qu’il achevait sa sortie du détroit d’Ormuz, a annoncé l’agence maritime britannique UKMTO. Aucun blessé ni impact environnemental n’a été signalé. L’incident s’est produit à environ 31 kilomètres à l’est de Khasab, à Oman.
Le détroit d’Ormuz est au cœur de la confrontation. Par ce passage transite habituellement près d’un cinquième des hydrocarbures mondiaux. Washington impose un blocus des ports iraniens et affirme vouloir "protéger la libre circulation des échanges commerciaux". Centcom assure avoir "achevé le déminage des voies de navigation internationales".
Les Gardiens de la Révolution soutiennent toutefois qu’un "superpétrolier voyou" a heurté deux mines navales en tentant de franchir le détroit de manière "illégale". Une version démentie par l’armée américaine, qui dénonce de la "désinformation".
Les négociations dans l’impasse
Cette reprise des frappes intervient alors que les discussions diplomatiques sont au point mort. Un protocole d’accord conclu à la mi-juin a volé en éclats le mois suivant.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a assuré que la poursuite de la guerre n’était "ni dans l’intérêt (de Téhéran) ni dans celui de la région". En déplacement au Kirghizstan, il a dit continuer à "œuvrer pour parvenir à un accord" et s’est entretenu avec le Premier ministre pakistanais Shehbaz Sharif, dont le pays tente de jouer les médiateurs.
Pour le chef de la diplomatie iranienne, Abbas Araghchi, "la solution est claire et simple : les États-Unis doivent respecter leurs engagements et s’en tenir" à l’accord déjà conclu. "Tout rentrera alors dans l’ordre", a-t-il estimé.
De son côté, Washington maintient la pression économique. Réuni avec ses homologues du G20 à Asheville, le secrétaire américain au Trésor, Scott Bessent, a déclaré: "On va continuer à faire pression" sur Téhéran. L’Union européenne s’est dite disposée à renforcer ses sanctions.
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