Un pétrolier saoudien touché par un "missile balistique" lancé par les Houthis au large du principal port de sortie en mer Rouge
Par Elena Lionnet avec agences
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué ce lundi 24 août l'attaque d'un pétrolier saoudien au large de Yanbu, port saoudien stratégique en mer Rouge, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé à l'encontre de la flotte saoudienne.
Les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont revendiqué ce lundi 24 août l'attaque d'un pétrolier saoudien au large de Yanbu, port saoudien stratégique en mer Rouge, dans le cadre du blocus qu'ils avaient annoncé à l'encontre de la flotte saoudienne.
La frappe menée à l'aide "d'un missile balistique" a "provoqué un incendie à bord du navire et entraîné la fuite de plusieurs autres bâtiments présents dans la zone ciblée", a affirmé dans un communiqué le porte-parole militaire des Houthis, Yahya Saree.
"Tout l'équipage est sain et sauf (...) et aucun impact sur l'environnement n'a été signalé", a précisé l'agence maritime britannique UKMTO, indiquant que l'attaque avait eu lieu à 63 milles nautiques à l'ouest de Yanbu.
Les Houthis, soutenus par l'Iran, prennent régulièrement pour cible les navires du royaume depuis qu'ils ont annoncé fin juillet un blocus maritime contre Ryad, qui soutient le gouvernement yéménite, dans une nouvelle étape du conflit régional déclenché par l'offensive israélo-américaine contre Téhéran le 28 février.
Leurs confrères d'Ambrey ont indiqué que le navire avait émis un signal de détresse après l'attaque et que, "suite à ce signal, la marine égyptienne serait intervenue et faisait route vers la zone concernée pour mener une opération de sauvetage".
La mise en place d'un blocus contre les navires saoudiens
Fin juillet, les rebelles houthis du Yémen, soutenus par l'Iran, ont annoncé vouloir instaurer un blocus maritime contre Ryad qui soutient le régime yéménite en place à Sanaa.
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Ils prennent régulièrement pour cible les navires du royaume. Le 23 juillet, deux super tankers saoudiens, le Encelia et le Layla, ont été frappés par des tirs de missiles et de drones. Le même jour, les Houthis ont affirmé avoir empêché dix navires saoudiens de passer.
Le 12 août, une frappe sur un navire dans le détroit de Bab el-Mandeb a fait 6 morts. Les Houthis ont tiré trois missiles balistiques.
Des conséquences sur le commerce du pétrole brut
Après le verrouillage du détroit d'Ormuz par Téhéran, suite à l'attaque américaine le 28 février, le port de Yanbu est devenu le principal point de sortie du pétrole saoudien, tandis que le détroit de Bab el-Mandeb, à la limite sud de la mer Rouge, est devenu un passage crucial pour le trafic maritime.
Selon le média spécialisé SeaTradeMartimeNews, l'Arabie saoudite a été contrainte de réorienter ses exportations de pétrole brut via son oléoduc reliant l'est à l'ouest du pays. Le volume de chargement des pétroliers géants depuis le port de Yanbu, sur la mer Rouge, aurait quadruplé depuis le début du conflit entre les États-Unis et l'Iran fin février.
Le détroit de Bab el-Mandeb est vital pour le traffic maritime. Il voit passer 10% du commerce mondial de pétrole avec 5 millions de barils par jour, mais aussi 30% du trafic conteneurisé. Menant au canal de Suez, il se trouve sur la route reliant l’Europe au golfe Persique et à l’Asie. Autant de raisons qui font qu’une interruption durable du trafic dans cette zone maritime serait difficile à encaisser pour nos économies met en garde la revue Conflits.
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