Sommet en Ukraine: le Premier ministre britannique Andy Burnham doit remettre à Kiev les plans de missiles longue portée
Par Océane Bourdenet avec agences
Le nouveau Premier ministre britannique s'est rendu, ce lundi 24 août, à Kiev, la capitale ukrainienne, à l’occasion du 35e anniversaire de l’indépendance du pays. Andy Burnham doit y coprésider une réunion de la "Coalition des volontaires", qui rassemble les pays soutenant l’Ukraine face à la Russie.
Le nouveau Premier ministre britannique s'est rendu, ce lundi 24 août, à Kiev, la capitale ukrainienne, à l’occasion du 35e anniversaire de l’indépendance du pays. Andy Burnham doit y coprésider une réunion de la "Coalition des volontaires", qui rassemble les pays soutenant l’Ukraine face à la Russie.
"La Grande-Bretagne est à 100% derrière vous", a déclaré dans un communiqué, ce lundi 24 août, le Premier ministre britannique. Andy Burnham a réaffirmé le soutien de Londres à Kiev, à l’occasion de son premier déplacement international depuis son entrée en fonction, fin juillet. "Je veux que le peuple ukrainien entende directement de ma bouche que notre soutien ne faiblira pas. Après tout, la sécurité de l’Ukraine est aussi la nôtre", a-t-il ajouté.
Le dirigeant travailliste s'est rendu, ce lundi 24 août, dans la capitale ukrainienne pour coprésider, avec la France et l'Allemagne, une réunion de la "Coalition des volontaires". Elle rassemble les principaux soutiens européens de l’Ukraine. Le président français, Emmanuel Macron, devraient participer à distance à ces discussions.
"Les scandaleuses menaces de la Russie"
Le Kremlin a accusé, ce lundi 24 août, le Royaume-Uni d’empêcher toute avancée vers la paix en aidant l’Ukraine, "aliment[ant, NDLR] méthodiquement et régulièrement le conflit ukrainien", a déclaré Dimitri Peskov, porte-parole de Vladimir Poutine. Andy Burnham a, de son côté, affirmé qu'il maintiendra son soutien à l’Ukraine, malgré "les scandaleuses menaces de la Russie", dans un discours à Kiev.
Le principal volet de la visite concerne le soutien militaire, selon l’agence de presse britannique Reuters. Le gouvernement britannique "doit annoncer qu’il donne son accord pour que l'entreprise de défense MBDA partage des informations classifiées sur les composants britanniques du missile à longue portée Scalp", selon le communiqué publié ce lundi 24 août.
Le Scalp est la version française du Storm Shadow britannique, les deux missiles reposant sur une technologie franco-britannique commune. Il pèse 1300 kg et mesure 5,10 mètres de long. Il est capable de frapper des cibles situées à environ 241 km en Russie. La chaîne britannique BBC souligne que cet échange constitue une étape importante, témoignant de la volonté des partenaires internationaux de partager leurs technologies militaires.
"Le Royaume-Uni est à vos côtés"
Cette coopération intervient alors que Kiev cherche à renforcer ses capacités de frappe à longue distance, mais aussi à développer sa propre production d’armement afin de réduire sa dépendance aux livraisons occidentales. "En ce 35e anniversaire de l’indépendance de l’Ukraine, le peuple ukrainien ne doit avoir aucun doute: le Royaume-Uni est à vos côtés aujourd’hui et le restera aussi longtemps qu’il le faudra", a déclaré Andy Burnham avant son arrivée à Kiev.
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Le Premier ministre britannique a également assuré que Londres ne renoncerait pas à son soutien à l'Ukraine. "La Russie ne doit avoir aucun doute quant à notre détermination. Nous ne céderons pas tant qu'une paix juste et durable ne sera pas établie", a-t-il affirmé à la chaîne britannique BBC.
Des frappes russes qui font de nombreuses victimes
La visite d'Andy Burnham intervient dans un contexte de forte intensification des bombardements russes. Ces dernières semaines, la Russie a notamment multiplié les tirs de missiles balistiques contre Kiev et d’autres villes ukrainiennes, causant des dizaines de morts et poussant des milliers de civils à se réfugier dans les stations de métro et les abris.
Une frappe contre un centre commercial a fait au moins 16 morts, ce vendredi 11 août, selon les autorités ukrainiennes. Face à ces attaques, le président Volodymyr Zelensky réclame à ses alliés davantage de systèmes de défense antiaérienne, notamment des missiles Patriot capables d’intercepter certains missiles balistiques russes.
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Selon les chiffres communiqués par le président ukrainien, les livraisons de missiles Patriot ont fortement diminué depuis 2023. Kiev aurait reçu 364 missiles l’année dernière et n’en attendrait plus que 264 en 2026, selon l’Agence France-Presse. Volodymyr Zelensky affirme que l’Ukraine aurait besoin d’au moins 300 missiles supplémentaires pour se préparer à l’hiver.
La situation est d’autant plus préoccupante que les stocks américains sont sous pression, notamment en raison des besoins militaires liés au conflit au Moyen-Orient. Selon le président ukrainien, la Russie serait, elle, capable de produire environ 100 missiles balistiques par mois.
L’Ukraine multiplie les attaques contre des entrepôts russes
En parallèle, Kiev a intensifié ses propres frappes en profondeur sur le territoire russe. Les forces ukrainiennes ciblent notamment des infrastructures logistiques, des raffineries et des entrepôts. La plateforme de commerce en ligne russe Ozon a annoncé, ce lundi 24 août, avoir été visée pour le troisième jour consécutif. Quatre de ses entrepôts situés dans le sud de la Russie auraient été touchés.
À Krasnodar, des débris tombés à proximité de l’un de ces sites ont atteint un centre accueillant des mineurs. Deux enfants ont été tués et sept autres blessés, selon les autorités locales. Ces attaques s’inscrivent dans une stratégie ukrainienne visant à frapper les infrastructures participant à l’effort de guerre russe, alors que Moscou poursuit ses bombardements massifs sur le territoire ukrainien.
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La Russie a récemment dénoncé l’utilisation de drones britanniques par l’Ukraine et menacé Londres de "conséquences". L’ambassade de Russie au Royaume-Uni a accusé le gouvernement britannique de "choisir délibérément une escalade de la crise ukrainienne", estimant que plus son implication serait importante, "plus le prix qu’il paiera sera élevé". Andy Burnham a, lui, maintenu sa ligne. "Nous ne sommes pas des amis seulement par beau temps, nous serons là dans l’heure où l’Ukraine aura besoin de nous et cela ne changera pas", avait-il déclaré la semaine dernière.
La "Coalition des volontaires" face aux incertitudes américaines
Créée à l’origine par Londres et Paris pour préparer le déploiement éventuel de forces européennes de maintien de la paix en Ukraine après un cessez-le-feu, la "Coalition des volontaires" est devenue un important forum de soutien militaire et politique à Kiev. Son importance s’est accrue dans un contexte d’incertitude sur le niveau d’engagement des États-Unis sous la présidence de Donald Trump.
La réunion de lundi doit notamment permettre aux Européens de discuter du renforcement de la défense antiaérienne ukrainienne et de la poursuite de la pression exercée sur Moscou. Le Royaume-Uni figure parmi les principaux soutiens militaires de l’Ukraine. Depuis le début de l’invasion russe en février 2022, Londres a mobilisé environ 25 milliards de livres, soit près de 29 milliards d’euros, dont 16 milliards consacrés à l’aide militaire.
La visite d’Andy Burnham intervient enfin alors que l’ambassadeur russe à Londres, Andreï Keline, a quitté son poste ces dernières semaines. Moscou n’a pas encore annoncé son remplacement. L’ambassade de Russie au Royaume-Uni a toutefois assuré que ce départ ne traduisait pas une volonté de dégrader les relations diplomatiques entre les deux pays.
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