Washington espère réunir Tshisekedi et Kagame malgré de fortes tensions persistantes
Par TV5MONDE avec agences
La rencontre décisive entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame est annoncée pour le 4 décembre, à Washington. Pourtant, l’incertitude demeure. Présenté par les États-Unis comme un tournant diplomatique, ce sommet doit permettre de ratifier pour de bon l’accord signé en juin dernier. Pourtant, les positions des deux capitales restent profondément divergentes.
La rencontre décisive entre le président congolais Félix Tshisekedi et son homologue rwandais Paul Kagame est annoncée pour le 4 décembre, à Washington. Pourtant, l’incertitude demeure. Présenté par les États-Unis comme un tournant diplomatique, ce sommet doit permettre de ratifier pour de bon l’accord signé en juin dernier. Pourtant, les positions des deux capitales restent profondément divergentes.
Cela fait plusieurs mois que Washington tente de stabiliser l’est de la République Démocratique du Congo. La région est stratégique pour l’approvisionnement en minerais critiques. Les États-Unis espèrent également accompagner des investissements de plusieurs milliards de dollars. Cette initiative s’appuie sur deux dynamiques parallèles : un processus diplomatique de Washington, et des discussions menées au Qatar entre Kinshasa et le M23.
Pourtant, aucune avancée tangible n’a été constatée sur le terrain : ni la neutralisation des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) exigée par Kigali, ni le retrait des troupes rwandaises exigée par Kinshasa, pourtant prévus dans des engagements de septembre, ne se sont matérialisées.
Kigali accuse Kinshasa d'imprévisibilité
Pourtant, lors d’une conférence de presse récente, Paul Kagame a rejeté toute responsabilité dans ces blocages. Il affirme que les retards “ne viennent pas du Rwanda”, mais “d’ailleurs”. Il accuse par ailleurs les autorités congolaises d’avoir accepté certains points avant de “les renier” ensuite. Le président rwandais a également ironisé sur ce qu’il qualifie d’imprévisibilité congolaise, en laissant sous-entendre que Kinshasa pourrait trouver un nouveau prétexte de dernière minute pour ne pas se rendre à Washington.
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Paul Kagame a également déclaré qu’une paix durable ne pourra être obtenue que si “les personnes directement concernées s’engagent à obtenir des résultats”.
Kinshasa fixe des conditions strictes
La position congolaise est, quant à elle, diamétralement opposée. Pour le gouvernement congolais, aucun déplacement de Félix Tshisekedi à Washington n’est envisageable sans un début de retrait des forces rwandaises du territoire congolais. Le président congolais, en déplacement en Serbie, a insisté sur ce point, vendredi 28 novembre : “Le respect des accords implique le respect de la souveraineté de notre pays, le retrait des troupes rwandaises du territoire congolais et le rétablissement de la confiance mutuelle”, a-t-il déclaré.
La situation militaire reste inchangée dans la région. Le M23 contrôle toujours plusieurs villes et secteurs, dont Goma, Bukavu et les principaux axes du Nord-Kivu et du Sud-Kivu.
Kigali continue de nier tout soutien à la rébellion. L’ONU a publié en juillet 2025 un rapport d’experts affirmant pourtant que le Rwanda exerce un “commandement et contrôle” sur le mouvement du M23.
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En RDC, la crise humanitaire s’aggrave donc. L’est du pays est ravagé par des combats impliquant de nombreux groupes armés.
Un accord possible, mais une méfiance profonde
Malgré ces tensions, Kinshasa a tout de même confirmé la venue de Tshisekedi aux États-Unis pour signer un “accord final”. De son côté, Paul Kagame s’est montré optimiste sur la perspective de signature, tout en insistant néanmoins sur la nécessité d’un vrai engagement de toutes les parties. Les autorités congolaises rappellent, elles, que l’intégrité territoriale de la RDC est non négociable.
La rencontre du 4 décembre pourrait ainsi ouvrir une nouvelle séquence diplomatique ou mettre en lumière les limites d’un processus fragilisé par une méfiance profonde, et une situation militaire qui n'évolue pas.
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