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Au Soudan, El Niño et la flambée des coûts menacent les récoltes

• Aug 22, 2026, 2:18 PM
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À Gedaref, l’un des principaux greniers agricoles du Soudan, le retard des précipitations compromet les cultures de sésame et de sorgho.

Déjà confrontés à la guerre et à une grave crise alimentaire, les agriculteurs subissent également l’envolée du prix des semences, du carburant et des engrais.

Au Soudan, le manque de pluie fait peser une lourde menace sur les récoltes. À Gedaref, dans l’est du pays, les agriculteurs tentent malgré tout de poursuivre les semis, alors que le phénomène El Niño retarde les précipitations et contribue à la baisse du niveau du Nil.

Cette situation inquiète particulièrement les producteurs de sésame et de sorgho, deux cultures essentielles pour le pays.

« Nous sommes confrontés à un problème majeur, que nous prions Dieu de résoudre : le manque de pluie menace la culture du sésame, un produit stratégique pour le pays », témoigne Abdullah Khalaf, agriculteur. « Nous prions Dieu de nous envoyer la pluie. »

Aux difficultés climatiques s’ajoute une flambée des coûts de production. Le prix du diesel, des engrais, de la main-d’œuvre et des semences a fortement augmenté, fragilisant encore davantage les exploitants.

« L’an dernier, un sac de semences de sorgho coûtait 160 000 livres soudanaises. Aujourd’hui, il en coûte 270 000 », explique Moussa Yaacoub, également agriculteur.

Le Soudan importe la totalité de son carburant et l’essentiel de ses engrais. Cette année, les prix de certains produits ont été multipliés par cinq, notamment sous l’effet de la guerre dans le Golfe.

Face au risque de sécheresse, les spécialistes recommandent aux agriculteurs d’adapter leurs pratiques. Ils les encouragent notamment à privilégier des variétés résistantes et, lorsque cela est nécessaire, à reporter les semis afin de limiter les pertes.

Près de 20 millions de personnes confrontées à la faim

Cette nouvelle crise agricole frappe un pays déjà ravagé par plus de trois ans de guerre. Près de 20 millions de Soudanais sont confrontés à des niveaux critiques de faim, tandis que 65 % des terres arables du pays seraient déjà hors d’usage.

Dans ce contexte, chaque mauvaise récolte réduit davantage les ressources disponibles et aggrave la menace qui pèse sur la sécurité alimentaire de la population.