La Libye en pleine crise énergétique malgré ses ressources en pétrole
La Libye est en proie à une crise énergétique majeure, une situation paradoxale pour ce pays qui veut porter sa production de pétrole à deux millions de barils par jour.
C’est à la lumière de la lampe torche de leur téléphone portable que les habitants font leurs courses dans cette épicerie de Tripoli. Pour les citoyens lambda, cette crise énergétique inédite se traduit par des denrées alimentaires avariées et des commerces à l’arrêt, le tout dans une chaleur insupportable.
"Les coupures d’électricité m’ont causé beaucoup de problèmes, surtout en ce qui concerne les produits alimentaires. Les réfrigérateurs sont également tombés en panne. J’en avais deux qui sont tombés en panne. Cela a perturbé notre activité et nous a empêchés de proposer de nombreux produits alimentaires", raconte Slimane Fitouri, propriétaire d’une épicerie.
Crise du carburant ? Impensable à première vue en Libye, qui dispose d’environ 48 milliards de barils de réserves prouvées de pétrole et produit environ 1,5 million de barils par jour.
Problème : le pays ne produit qu’un tiers du carburant qu’il consomme. L’année dernière, il a importé pour 7,8 milliards de dollars de carburant, selon les chiffres de la Société nationale du pétrole.
"La crise de l’électricité [en Libye] est complexe, car une partie de la production d’électricité dépend du carburant. En Libye, tout le monde sait qu’une grande partie du carburant est importée de l’étranger. C’est là que réside le principal problème : le crédit nécessaire aux importations. De nombreux rapports locaux et internationaux font référence à des audits montrant qu’une grande partie du carburant n’atteint pas les centrales électriques [libyennes], mais est détournée vers des réseaux de contrebande à l’extérieur du pays, voire à l’intérieur même du pays, au profit d’autres parties", explique Bechir Jouini, chercheur en relations internationales.
"On peut se retrouver à faire la queue toute une journée devant une station-service juste pour obtenir 10 ou 15 litres de carburant, ou simplement pour faire le plein", raconte Abdeslam Zarti, habitant de Tripoli.
Une donne qui oblige les automobilistes à patienter pendant des heures dans les files d’attente des stations-service de l’ouest et du centre de la Libye pour faire le plein.
Outre la mauvaise gouvernance et la corruption, l’envoyé spécial de l’ONU en Libye a également établi un lien entre la crise énergétique et les défaillances plus générales des institutions du pays.
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