En Afrique du Sud, la fille de Jacob Zuma au cœur d’une affaire d’enrôlements forcés pour la Russie
Par TV5MONDE avec agences
Les autorités sud-africaines ont ouvert une enquête concernant l’enrôlement illégal de citoyens dans l’armée russe, après l’arrestation de quatre hommes à l’aéroport de Johannesburg ces jeudi et vendredi 27 et 28 novembre et les appels de détresse de 17 sud-africains bloqués dans le Donbass ukrainien. La fille de l’ancien président Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, députée, est directement impliquée. Elle est accusée par des membres de sa propre famille d’avoir facilité ces recrutements.
Les autorités sud-africaines ont ouvert une enquête concernant l’enrôlement illégal de citoyens dans l’armée russe, après l’arrestation de quatre hommes à l’aéroport de Johannesburg ces jeudi et vendredi 27 et 28 novembre et les appels de détresse de 17 sud-africains bloqués dans le Donbass ukrainien. La fille de l’ancien président Jacob Zuma, Duduzile Zuma-Sambudla, députée, est directement impliquée. Elle est accusée par des membres de sa propre famille d’avoir facilité ces recrutements.
Selon la police sud-africaine, ces quatre hommes ont été interpellés alors qu’ils s’apprêtaient à se rendre en Russie. Ils sont soupçonnés d’avoir violé la loi sud-africaine qui interdit aux citoyens de rejoindre une armée étrangère sans autorisation gouvernementale.
"Des investigations préliminaires ont révélé qu'une ressortissante sud-africaine aurait facilité le voyage et le recrutement de ces individus au sein de l'armée de la Fédération de Russie", précise dans son communiqué l'unité d'élite de la police (Hawks) en charge de l'enquête.
Ces interpellations font suite à l'ouverture récente d'une enquête concernant le sort de 17 autres Sud-Africains qui ont lancé des appels de détresse à l'actuel président Cyril Ramaphosa en se disant coincés dans la région ukrainienne du Donbass.
La fille de Jacob Zuma mise en cause par sa propre sœur
Mais l’affaire prend une tournure politique. La fille aînée de l’ex-dirigeant Jacob Zuma, Nkosazana Bonganini Zuma-Mncube accuse sa demi-sœur, Duduzile Zuma-Sambudla, députée du parti Umkhonto we Sizwe (MK), d’avoir recruté 17 hommes “sous de faux prétextes” pour les envoyer combattre pour la Russie et porte plainte contre elle. La fille aînée de l’ancien président déclare que huit de ces hommes enrôlés seraient des membres de la famille Zuma.
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La plainte déposée vise également une proche de Jacob Zuma et un homme présenté comme un “commandant des recrues”. Une note vocale dévoilée par le média sud africain Sunday Times montre que ce dernier a reproché à ces hommes d’appeler leurs familles au lieu de “régler le problème sur place”.
Recrutements sous de faux prétextes
Les 17 hommes auraient été attirés en Russie avec la promesse d’y suivre une formation militaire leur permettant par la suite de devenir gardes du corps pour le parti MK. Ils pensaient ainsi intégrer un programme de sécurité, avant de réaliser qu’ils étaient en réalité livrés à des mercenaires russes et envoyés sur le front. Tous affirment être désormais bloqués dans la région du Donbass, sans aucune possibilité de retour.
Duduzile Zuma-Sambudla nie tout rôle intentionnel dans cet enrôlement de citoyens sud-africains. Dans la presse sud-africaine, elle affirme avoir été “piégée” via WhatsApp par un certain Blessing Khoza, qui lui aurait présenté un programme de formation paramilitaire. Elle dit avoir participé elle-même à un stage en Russie sans être exposée au combat.
"Ces personnes sont arrivées environ une semaine après moi. J’ai partagé des informations innocemment : je n’ai persuadé ni fait pression sur aucune d’entre elles” a-t-elle déclaré à la police.
Duduzile Zuma-Sambudla a démissionné de son poste de députée, a annoncé vendredi le directeur du parti MK fondé et présidé par Jacob Zuma, Nkosinathi Nhleko.
La fille de l'ancien président est un personnage controversé. Elle est déjà poursuivie pour incitation à la violence lors des émeutes de 2021.
Enquête conjointe pour possible trafic d’êtres humains
L'unité d'élite de la police Hawks confirme qu’une enquête conjointe est donc en cours pour déterminer si les faits relèvent de trafic d’êtres humains, de recrutement illégal, d’exploitation ou de fraude. La présidence sud-africaine a également dénoncé l’exploitation de “jeunes vulnérables” et confirmé avoir reçu des appels au secours.
Il pourrait s’agir d’un phénomène plus large. Selon Kiev, 1 426 Africains de 36 pays ont été identifiés dans les rangs russes, un chiffre probablement sous-estimé. Des femmes africaines sont aussi attirées en Russie par de fausses offres d’emploi pour finir dans des usines de drones, en particulier dans la région centrale du Tatarstan.
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Depuis le début de la guerre en Ukraine, l’Afrique du Sud revendique un “non-alignement” politique sur la question de la guerre.
Pretoria a néanmoins rééquilibré sa position en accueillant en avril 2024 le président ukrainien Volodymyr Zelensky, malgré les critiques du parti MK, proche de Moscou.
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