Togo : deux militants citoyens enlevés dans un contexte de répression

Par TV5MONDE FLORE MONTEAU


Deux militants de l'organisation citoyenne "Tournons la Page" ont été enlevés à Lomé le 22 août, dans un contexte politique et social tendu. La société civile togolaise réclmae des réformes démocratiques.

Deux militants de l'organisation citoyenne "Tournons la Page" ont été enlevés à Lomé le 22 août, dans un contexte politique et social tendu. La société civile togolaise réclmae des réformes démocratiques.
Dans les rues de Lomé, la capitale du Togo, deux jeunes militants, Armand et Oseï, ont été arrêtés le 22 au soir. Membres actifs de l'organisation citoyenne "Tournons la Page", ils sont actuellement détenus au Service Central de Recherche et d'Investigation Criminelle (SCRIQ). Bien que leur avocat ait confirmé qu'ils n'ont pas subi de violences physiques, les raisons de leur arrestation demeurent floues, suscitant l'inquiétude et l'indignation au sein de la société civile.
Intimidation et répression : une stratégie de silence
Le mouvement "Tournons la Page" dénonce ce qu'elle considère comme des pratiques d'intimidation visant à museler les voix dissidentes. Selon David Dosseh, le coordinateur de l'organisation, les arrestations ciblent particulièrement les jeunes capables de mobiliser et de sensibiliser la population à travers des manifestations spontanées. "Le dernier recours pour la population, ce sont ces manifestations spontanées. Et il faut faire en sorte de les mettre hors de nuire", explique-t-il au micro de TV5MONDE.
Cette stratégie, perçue comme un complot pour réduire au silence les acteurs de la société civile, a poussé certains militants à chercher refuge à l'étranger, craignant pour leur sécurité. Pour David Dosseh toute forme de contestation est rendue impossible. "Nous avons compris qu'il y a un plan évident pour que la société civile ne puisse plus s'exprimer du tout, ne puisse plus faire des actions de terrain, ne puisse plus mobiliser la population", déplore-t-il auprès de TV5MONDE.
Les récentes arrestations ne sont pas un cas isolé. La coalition politique DMP a également exprimé son mécontentement face à ce qu'elle qualifie d'arrestations arbitraires de jeunes, une tendance qui s'est intensifiée depuis les manifestations de juin dernier.
Parallèlement, un prisonnier politique incarcéré à la prison civile de Lomé depuis 2018 a entamé une grève de la faim pour dénoncer des actes de torture, soulignant ainsi les violations des droits humains dans le pays.
Malgré les appels à la transparence et au respect des droits fondamentaux, le gouvernement togolais n'a pas souhaité commenter ces événements, selon les informations recueillies par TV5MONDE. Ce silence ne fait qu'accentuer les préoccupations concernant la liberté d'expression et les droits civiques au Togo.
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