"Un phénomène nouveau et préoccupant": SOS Méditerranée dénonce une augmentation des attaques de bateaux de sauvetage
Par Benjamin Beraud
Un an après l'attaque contre son bateau, l'ONG SOS Méditerranée déplore ce lundi 24 août une "intensification des menaces" en Méditerranée centrale, ciblant directement embarcations et bateaux de sauvetage, imputées à des "acteurs libyens" et des "groupes armés".
Un an après l'attaque contre son bateau, l'ONG SOS Méditerranée déplore ce lundi 24 août une "intensification des menaces" en Méditerranée centrale, ciblant directement embarcations et bateaux de sauvetage, imputées à des "acteurs libyens" et des "groupes armés".
Le 24 août 2025, à 15h03, heure locale, des cris retentissent à bord du bateau de sauvetage: "Ils nous tirent dessus! Ils nous tirent dessus!". Deux hommes à bord d’un patrouilleur viennent d’ouvrir le feu, mettant en danger l’équipage et les 87 rescapés à bord. "Ils ont passé 20 minutes à tourner autour du bateau en tirant plus d’une centaine de balles", témoigne Angelo, coordinateur des opérations de recherche et de sauvetage de l'ONG SOS Méditerranée. Cette association civile européenne vient au secours des migrants et des réfugiés en détresse qui tentent de traverser la Méditerranée centrale
Ce jour-là, Angelo se trouve à bord du navire lorsque celui-ci essuie des tirs nourris, attribués par l'association aux garde-côtes libyens. L’attaque provoque d’importants dégâts matériels et laisse de profondes séquelles psychologiques chez les personnes rescapées comme chez les membres de l’équipage.
L'Europe "silencieuse", selon l'ONG
Un an après ce drame, l'ONG diffuse un communiqué afin d'alerter sur "un environnement opérationnel de plus en plus hostile en Méditerranée centrale". Elle accuse: "Il n'aurait pas pu perdurer sans l'élargissement de la coopération européenne avec les acteurs libyens en matière de dissuasion migratoire".
Malgré des procédures judiciaires en Italie, en France et en Allemagne, "les autorités européennes et nationales sont restées silencieuses", "les responsables de l'attaque n'ont pas été identifiés", déplore SOS Méditerranée, réitérant un appel pour "une enquête complète et indépendante afin d'établir les responsabilités autour de cette attaque."
Des navires "liés à des acteurs libyens", certains "non-identifiés"
L'attaque est loin d'être un cas isolé. Evoquant "un phénomène nouveau et préoccupant", SOS Méditerranée a recensé entre juin et juillet, à sept reprises au moins, des navires "liés à des acteurs libyens", certains "non-identifiés", qui se sont approchés "à grande vitesse" de bateaux de sauvetage, ou les ont suivis des heures durant. Des "poursuites" jusque dans les eaux internationales, accuse l'ONG.
Il y a aussi, note l'ONG, une "augmentation significative de la présence de vedettes rapides non identifiées, liées à différents groupes armés en Libye. Ces embarcations ont été observées procédant à des interceptions violentes, notamment en percutant délibérément des embarcations transportant des personnes en détresse et en effectuant des manœuvres mettant leur vie en danger", poursuit SOS Méditerranée.
(Re)Lire : SOS Méditerranée : 10 ans de sauvetages
En août, l'Organisation internationale pour les migrations (OIM) annonçait que le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait fortement augmenté, alors que le nombre de migrants est en baisse en raison de politiques européennes plus strictes.
Selon l'OIM, 821 personnes sont mortes ou ont disparu au cours des quatre premiers mois de 2026, soit une augmentation de 111% par rapport à 2025. Au cours de la même période, les arrivées de migrants sur le même itinéraire ont chuté de 46%, atteignant le nombre de 8577.
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