Crise migratoire à Ceuta: Israël dénonce un "mensonge éhonté" après l'accusation de désinformation de Sánchez
Par Lorène Bienvenu
Le Premier ministre de l'Espagne, Pedro Sánchez, a mis en cause le rôle de la Russie et d'Israël dans la campagne de désinformation autour de la crise migratoire à Ceuta, ce lundi 31 août. Le chef du gouvernement a par ailleurs écarté toute responsabilité des autorités marocaines.
Le Premier ministre de l'Espagne, Pedro Sánchez, a mis en cause le rôle de la Russie et d'Israël dans la campagne de désinformation autour de la crise migratoire à Ceuta, ce lundi 31 août. Le chef du gouvernement a par ailleurs écarté toute responsabilité des autorités marocaines.
Un mois après l'arrivée de plusieurs dizaines de milliers de personnes venues du Maroc dans l'enclave espagnole de Ceuta, le gouvernement continue "à enquêter" sur le déclenchement de cet afflux soudain. Le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez dénnonce, ce lundi 31 août, les "fausses informations" diffusées et amplifiées par une "internationale d'ultradroite".
Interrogé à propos de la crise migratoire sur la radio Cadena Ser, Pedro Sánchez a affirmé "qu’un arrêt de la Cour suprême du 8 juillet dernier qui a été déformé" est à l'origine de l'entrée en masse de migrants sur le sol espagnol. Ces fausses informations assuraient qu'en cas d'entrée à la nage à Ceuta, il était impossible d'être expulsé vers le Maroc. Le dirigeant socialiste a rappelé qu'il s'agissait d'un mensonge, "qui a été propagé sur les réseaux sociaux à travers des rumeurs, de la désinformation, mais aussi par des organisations criminelles qui trafiquent des êtres humains".
Pedro Sánchez exclut toute responsabilité du Maroc
Quelque 70.000 migrants ont traversé la frontière entre les deux pays, le 30 juillet dernier. Bien que plus de la moitié d'entre eux soient volontairement retournés au Maroc dès le lendemain, environ 5.000 sont encore présents à Ceuta, dont environ 1.200 mineurs non accompagnés d'après les chiffres transmis par le Premier ministre espagnol. Au moins 91 personnes auraient péri au cours de la traversée. Le bilan grimperait même à 141 morts et des dizaines de disparus selon des ONG marocaines.
Pedro Sánchez a exclu toute responsabilité "d'une manière ou d'une autre" des autorités marocaines dans la crise: "Aucun service de renseignement avec lequel le gouvernement espagnol collabore habituellement ne fait apparaître le moindre doute, ou plutôt, quelque doute que ce soit quant à la participation, d'une manière ou d'une autre, des autorités marocaines." Il a ajouté que l'Espagne devait être consciente "que cette crise ne pourra être résolue que par la coopération, et non par la défiance envers le Maroc."
Le Premier ministre espagnol a pointé du doigt la "diffusion de rumeurs et de désinformation, de la part de réseaux sociaux liés aussi bien à la Russie qu'à Israël, et à une internationale d'ultradroite qui utilise toujours la migration non seulement pour attaquer l'Espagne, mais aussi pour attaquer l'Europe et la diviser." Il fustige ces "réseaux russes et israéliens" qui ont "propagé ces canulars", touchant à "un sujet aussi sensible que l'immigration irrégulière, qui divise et polarise de nombreuses sociétés européennes".
Israël a, par la suite, accusé Pedro Sánchez de "mensonge éhonté" après ses propos sur la désinformation liée à Ceuta. "Il a encore menti, accusant de manière stupéfiante Israël de diffuser des informations trompeuses concernant les événements de Ceuta. Il s'agit d'un mensonge éhonté", a écrit le ministre israélien des Affaires étrangères Gideon Saar sur X, en réaction à l'interview de Pedro Sánchez sur Cadena Ser.
Une désinformation active depuis l'arrivée des migrants à Ceuta
Depuis la vague d'arrivée de migrants, les partis espagnols de droite et d'extrême droite exigent leur renvoi immédiat au Maroc. Le gouvernement a déclaré qu'il devait d'abord les identifier un par un pour déterminer s'ils ont droit à l'asile ou peuvent être renvoyés.
Ce vendredi 28 août, devant les députés, le ministre de l'Intérieur Fernando Grande-Marlaska a fustigé l'extrême droite et la droite, les accusant de diffuser de fausses informations, "de chercher à tirer profit politiquement de la situation ou, pire encore, d'inciter à la haine et à la confrontation entre personnes dans les rues de Ceuta".
Selon l’agence de presse EFE, le ministre de l'Intérieur reproche notament à ces partis de diffuser des récits présentant les migrants comme des "envahisseurs" ou des "délinquants", d'appeler à "chasser les migrants", et même de proposer de déporter des personnes hospitalisées.
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