Japon: face à la multiplication d'attaques mortelles par des ours, Tokyo en tue 40 par jour pour protéger sa population
Par TV5MONDE avec agences
Plus de 14.000 ours asiatiques ont été abattus au Japon de mars 2025 à fin mars 2026, un total qui constitue un record historique, selon des données préliminaires publiées par le gouvernement nippon. Cette pratique pose la question du risque d'extinction de l'espèce.
Plus de 14.000 ours asiatiques ont été abattus au Japon de mars 2025 à fin mars 2026, un total qui constitue un record historique, selon des données préliminaires publiées par le gouvernement nippon. Cette pratique pose la question du risque d'extinction de l'espèce.
Le Japon atteint des chiffres record d'euthanasie d'ours. En cause, la hausse des attaques de ces mammifères contre des humains. En 2026, le pays a enregistré 238 attaques d'ours, dont 13 mortelles. Et depuis le mois de janvier, cette année, une attaque mortelle a déjà été confirmée et deux autres décès ont potentiellement été causés par des ours.
Le chiffre de 2025 représente plus du double du précédent record. En 2023, 219 attaques avaient été recensées, et six d'entre elles avaient entraîné la mort, rapporte le Courrier international. Cette augmentation des attaques pourrait être liée à la multiplication de la présence de l'animal dans le pays.
Selon un rapport gouvernemental japonais de 2025, la population d'ours bruns dans le pays a doublé en trois décennies et s'élève aujourd'hui à environ 12.000. Quant au nombre d'ours noirs d'Asie, il atteint les 42.000 rien que sur l'île principale de Honshu.
Des attaques médiatisées qui inquiètent la population
En juin, la vidéo d'un ours noir poursuivant un jeune homme de 20 ans sur le parking d'une entreprise à Sakasino, dans la préfecture de Fukushima, a fait le tour des médias japonais. Alors que la victime tente de s'enfuir, les images de vidéosurveillance montrent l'animal qui le projette au sol et pénètre ensuite dans l'enceinte de l'usine avant de blesser un second employé. La deuxième victime est un homme d'une soixantaine d'années.
Cette attaque est la dernière en date, dans une région du pays où ces animaux empiètent de plus en plus sur les zones habitées. L'événement a ravivé les craintes qui s'étaient emparées du pays l'année précédente et qui avaient conduit au déploiement de l'armée japonaise dans la préfecture d'Akita. Dans cette localité, au nord du pays, plus de 60 personnes avaient été attaquées par des ours, dont quatre mortellement.
En conséquence, le gouvernement japonais a annoncé un objectif d’abattage de 8800 ours supplémentaires pour l’exercice en cours. Mais, cette mesure d'urgence ne changera pas le fond du problème, selon Yuko Muroya, présidente de la Japan Bear and Forest Society (Kumamori). "Une stratégie gouvernementale axée uniquement sur la réduction des effectifs d’ours ne résoudra pas le problème tant que les ours eux-mêmes ne seront pas conduits à l’extinction", explique-t-elle au quotidien britannique The Guardian.
50.000 signalement de présence d'ours
En 2025, le nombre d'ursidés capturés puis abattus a presque triplé par rapport à l'année précédente, pour atteindre 14.601, soit une moyenne de 40 ours tués par jour. Un record historique dépassant largement le précédent, qui était d'un peu plus de 9000 lors de l'exercice 2023, selon les données du ministère de l'Environnement publiées en avril 2026.
Ces mêmes données montrent qu'au cours de l'exercice budgétaire clos le 31 mars, plus de 50.000 signalements de présence d'ours ont été enregistrés à l'échelle nationale, soit plus du double du précédent record établi deux ans plus tôt. Certaines régions du nord ont également fait état en avril de quatre fois plus de signalements qu'à la même période l'an dernier, à mesure que les animaux sortent d'hibernation, rapportent les médias locaux.
L'an dernier, des ours ont été vus pénétrant dans des habitations, errant près d'écoles et saccageant des supermarchés et des stations thermales presque quotidiennement. Les scientifiques estiment que la population d'ours a fortement augmenté ces dernières années, tandis que le nombre de personnes vivant dans les zones rurales a diminué.
Cette "surpopulation" serait influencée par un climat qui se réchauffe, selon les experts, et aurait contraint une partie des ursidés à s'éloigner des montagnes, qui couvrent environ 80% du Japon, pour se diriger vers des zones habitées. Dans les montagnes, les ours prospèrent notamment grâce à une abondance de nourriture, dont des glands, des cerfs et des sangliers. Des vivres que ces mammifères ne sont pas en mesure de trouver dans les zones urbaines.
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Les Japonais appelés à la vigilance
Le gouvernement japonais a intensifié sa campagne de sensibilisation, exhortant les randonneurs et les cueilleurs de champignons à consulter les avis concernant la présence d'ours et à éviter les activités de plein air tôt le matin ou en soirée, périodes durant lesquelles les ours sont actifs.
Un manuel du ministère de l'Environnement conseille à toute personne rencontrant un ours de ne pas paniquer, de se déplacer lentement et d'éviter de tourner le dos à l'animal pour s'enfuir en courant. En dernier recours, le manuel recommande à la victime d'une attaque de s'allonger à plat ventre, de se mettre en boule et de se protéger la nuque. "L'objectif est d'éviter une blessure mortelle", précise le document.
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