Italie : ouverture du procès suite à la mort d'un ouvrier indien clandestin

Un procès s'est ouvert mardi pour un propriétaire agricole italien accusé d'homicide après que l'un de ses employés, un travailleur sans papiers originaire d'Inde, se soit vidé de son sang suite à un accident de travail. Des syndicats de travailleurs se sont réunis devant l tribunal pour dénoncer les conditions de travail des travailleurs sans-papiers.
Les faits se sont déroulés en juin 2024, à Latina, ville située près de Rome. Satnam Singh, un travailleur sans papiers originaire d'Inde, est décédé après que son bras a été coupé alors qu'il travaillait dans une ferme. Le propriétaire avait alors refusé d'appeler les urgences, laissant son employé se vider de son sang.
Mardi 1er avril, le procès du propriétaire, Antonello Lovato s'est donc ouvert. Un groupe de manifestants dirigés par le principal syndicat italien, la CGIL, s'est rassemblé devant le palais de justice avec une grande banderole sur laquelle on pouvait lire "stop caporalato".
"Les faits sont évidents pour tout le monde, tout comme la logique d'exploitation connue sous le nom de "caporalato", qui fait croire qu'on peut traiter les gens comme des marchandises, comme des pièces d'une machine qui peuvent être facilement achetées et vendues au prix le plus bas. Et j'insiste sur le fait que cette culture doit être changée", s'insurge Maurizio Landini, secrétaire général du syndicat CGIL.
Parmi les manifestants se trouvaient des membres de la communauté sikh, à laquelle appartenait l'ouvrier décédé. Ces derniers portaient des pancartes sur lesquelles on pouvait lire "Stop à l'exploitation".
Il y a près d'un an, la mort de Satnam Singh avait choqué les Italiens et déclenché des manifestations de syndicats et d'ouvriers agricoles réclamant de meilleures conditions de travail. Ils ont demandé qu'il soit mis fin au système "caporalato", qui consiste à utiliser une main-d'œuvre immigrée sous-payée pour travailler dans l'industrie agricole italienne.
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