En visite au Liban, le pape Léon XIV appelle à "faire passer l'objectif de la paix avant tout"
Le pape Léon XIV est arrivé Liban, deuxième et dernière étape de son premier voyage apostolique. Le chef de l'Église catholique a atterri à Beyrouth, après un vol en provenance d’Istanbul au cours duquel il a évoqué plusieurs crises internationales.
Le souverain pontife s'est notamment exprimé sur le conflit israélo-palestinien.
"Le Saint-Siège soutient depuis des années la solution des deux États, mais nous savons tous qu'Israël ne l'accepte pas. Pourtant, c'est la seule solution au conflit", a-t-il déclaré.
Le Pape a réitéré la volonté de l'Église d'agir comme une "voix médiatrice qui peut aider à avancer vers une solution juste pour tous", soulignant que le président turc Recep Tayyip Erdogan, qu'il a rencontré jeudi, était également "certainement d'accord".
Concernant l’Ukraine, Léon XIV a salué l’action diplomatique de la Turquie qui "a favorisé le dialogue entre les parties" et a exprimé l’espoir d’une résolution pacifique du conflit.
Accueil officiel à Beyrouth
À son arrivée, Léon XIV a été accueilli sous un grand chapiteau à l'aéroport par le président libanais Joseph Aoun, le Premier ministre Nawaf Salam, le président de l'Assemblée nationale Nabih Berri, le nonce apostolique Paolo Borgia, le patriarche d'Antioche des maronites ainsi que le cardinal Béchara Boutros Raï.
Acclamé par de nombreux fidèles catholiques, le pape s'est ensuite rendu au palais présidentiel pour une réunion privée avec Joseph Aoun et Nawaf Salam.
"Autour de nous, presque partout dans le monde, une sorte de pessimisme et de sentiment d'impuissance semblent l'avoir emporté : les gens ne semblent même plus capables de se demander ce qu'ils peuvent faire pour changer le cours de l'histoire", a-t-il déclaré dans un discours prononcé devant les autorités.
"Heureux les artisans de paix", a encore ajouté le pape dans son discours, rappelant que cette dernière constituait "bien plus qu'un mot : c'est un désir et une vocation, un don et un chantier toujours ouvert".
S'adressant ensuite aux autorités libanaises, Léon XIV a déclaré : "Une béatitude particulière vous est destinée, à vous qui avez des tâches institutionnelles au sein de ce peuple, si vous pouvez dire que vous avez fait passer l'objectif de la paix avant tout".
Un programme symbolique et œcuménique
Lors de la première après-midi du pape au Liban, une cérémonie de plantation d'un "cèdre de l'amitié" est prévue dans le jardin du palais présidentiel, en présence de Joseh Aoun, du secrétaire d'État Pietro Parolin et du patriarche Béchara Boutros Raï.
Ce lundi, le pape visitera le monastère de Saint Maroun et Saint Charbel à Annaya, symbole de la religiosité libanaise et de l’esprit œcuménique, à l’occasion du 1700e anniversaire du concile œcuménique de Nicée.
De retour à Beyrouth, Léon XIV se rendra dans la baie de Saint-Georges, pour une prière silencieuse en hommage aux victimes de l'explosion du port de la ville, survenue en 2020.
Un passage marquant en Turquie
Plus tôt dans la matinée de dimanche, le pape Léon XIV était en Istanbul où il a assisté à une prière dans la cathédrale apostolique arménienne et à une liturgie avec le patriarche œcuménique Bartholomée.
Le souverain pontife a rappelé l’importance de la paix mondiale et alerté contre le risque d’une "troisième Guerre mondiale fragmentée", soulignant que "l’avenir de l’humanité en dépend".
Lors de son passage dans la cathédrale arménienne, Léon XIV a a salué le "courageux témoignage chrétien du peuple arménien", en référence au massacre des Arméniens pendant la Première Guerre mondiale, un épisode qualifié de "génocide" par le pape François et qui avait suscité la colère d’Ankara.
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