Zambie : le président Hichilema prête serment pour un second mandat
Par AFP Par Obert SIMWANZA © 2026 AFP
Le président Hakainde Hichilema a prêté serment pour un second mandat mardi à la tête de la Zambie, où le principal meneur de l'opposition, arrivé deuxième à la présidentielle, est en prison, inculpé de trahison.
Le scrutin du 13 août avait été entaché d'accusations d'intimidation, de partialité et de restrictions visant l'opposition, ternissant la réputation démocratique de ce pays d'Afrique australe riche en cuivre.
Des milliers de personnes vêtues du rouge du parti UPND de Hakainde Hichilema ont néanmoins rempli mardi le stade de Lusaka pour le serment du président. Seule une poignée de dirigeants africains y participaient, selon des images de la télévision publique.
"Après avoir accompli le plus gros du travail au cours de notre premier mandat, les cinq prochaines années seront placées sous le signe de la croissance, de l'expansion, des opportunités et de la prospérité pour l'ensemble de notre population", a déclaré Hakainde Hichilema devant un stade comble.
La Zambie a renoué avec la croissance économique sous son mandat entamé en 2021, avec des réformes favorables au marché qui ont fait reculer l'inflation. Il a également aboli la peine de mort et rendu l'enseignement primaire et secondaire gratuits. Mais ses détracteurs affirment toutefois que cette croissance n'a pas encore profité aux plus modestes.
Reconnaissant les "difficultés liées au coût de la vie", Hichilema a déclaré : "Il reste encore beaucoup à faire. Et c'est précisément l'objet de ce mandat".
Selon la Banque mondiale, plus de 70% des 22 millions d'habitants de la Zambie vivent avec moins de trois dollars par jour.
L'homme d'affaires de 64 ans a remporté 60% des suffrages, suivi de l'ancien ministre Brian Mundubile avec 38%, selon les résultats officiels.
Opposant en cavale
M. Mundubile s'est caché après que les forces de sécurité ont perquisitionné son domicile le 14 août, affirmant viser une milice soupçonnée de représenter une menace pour la sécurité nationale.
Son alliance NRPUP a vigoureusement rejeté ces accusations. Un ancien ministre a été abattu lors de l'opération et 11 membres du camp de Mundubile ont été arrêtés.
L'opposant et son colistier Makebi Zulu se sont rendus à la police près de deux semaines plus tard. Leur avocat a confirmé ce week-end qu'ils avaient été inculpés pour trahison, des accusations qu'ils rejettent.
"Les divergences politiques font inévitablement partie d'une démocratie, mais la quête du pouvoir politique ne doit jamais se faire au détriment de la paix, de la sécurité et de la stabilité de notre pays", a déclaré M. Hichilema dans son discours, sans faire clairement référence à son opposant.
"Il faut du courage pour se mettre au service de la chose publique... mais cela ne devrait jamais aller jusqu’à devenir une question de vie ou de mort", a-t-il ajouté.
Après avoir perdu l'élection présidentielle de 2016, M. Hichilema avait été inculpé de trahison, accusé d'avoir refusé de laisser passer le cortège présidentiel.
Il avait passé quatre mois dans une prison de haute sécurité avant que les charges ne soient abandonnées.
Il lui est reproché d'avoir restreint la liberté politique au cours de son premier mandat.
Depuis son indépendance de la Grande-Bretagne en 1964 sous la présidence du président fondateur Kenneth Kaunda, la Zambie s'était forgé une réputation de démocratie parmi les plus stables d'Afrique australe, avec une histoire marquée par des transferts de pouvoir pacifiques.
La Zambie est le deuxième producteur de cuivre d'Afrique, et son économie repose sur cette matière première qui génère environ 70 % des recettes d’exportation. La Chine est un investisseur majeur dans le pays et son premier créancier.
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